Info du 30 juin
De quand datent les démarches de gestion urbaine de proximité dans l'agglomération nantaise ?
CP : Il y a toujours eu, sur Nantes, une volonté particulière de se soucier de la vie quotidienne dans les quartiers, renforcée par une tradition ininterrompue de décentralisation et de proximité. A la Ville de Nantes, avant 2000, à chaque quartier était dédiée une mission "vie des quartiers", composée d'un chef de projet, d'un agent de développement et d'un correspondant vie quotidienne, chargé de faire le lien entre les habitants, les élus du quartier, les directions thématiques.
Avec le contrat de ville 2000-2006, et la création de la communauté urbaine, la gestion urbaine de proximité a pris une autre dimension (optimisation de l'organisation, entrée de nouveaux bailleurs), et les démarches se sont systématisées. Aujourd'hui, treize quartiers (dont 6 "conventionnés ANRU") sont concernés par des démarches de GUP.
A quel niveau sont-elles pilotées ?
CP : C'est Nantes Métropole qui est maître d'ouvrage de la GUP. La Ville est pilote sur son territoire et chaque institution le reste dans son domaine de compétences.
Très concrètement, c'est à l'échelle du quartier que le projet est élaboré, mis en œuvre et piloté. Toutes les six semaines, un groupe de travail dans lequel sont représentées les différentes institutions fait la cohérence entre les thématiques, ainsi qu'avec les groupes qui traitent des questions sociales.
Le niveau communal intervient pour faciliter les coordinations interservices et garantir l'avancement des démarches de quartier. Il organise également la relation avec les élus.
Enfin, c'est le niveau communautaire qui coordonne et finance l'ingénierie d'ensemble, initie les initiatives transversales, assure la capitalisation… Le groupe technique de pilotage, animé par la mission politique de la ville, se réunit trois fois par an. Il est composé de représentants de la DDE, des six bailleurs, des quatre villes, des services communautaires…
Le portage politique se fait dans le cadre du CUCS.
Multitudes d'acteurs, multitudes d'échelles d'intervention, comment faites-vous pour mobiliser autant de gens autour d'un sens commun ?
CP : Il y a plusieurs principes : organiser les passerelles entre les groupes de travail, entre les sujets traités ; instaurer des jeux d'aller-retour systématiques entre les différents niveaux, et ce également au sein de chaque institution, par exemple, chez le bailleur, entre le personnel de proximité et le directeur de patrimoine ; réfléchir à des organisations qui ne reposent pas que sur la bonne volonté des personnes…
Et nous avons des outils : un extranet, dédié à la fois aux praticiens de la GUP, aux élus, aux décideurs, qui, entre autres outils, propose la modélisation d'une démarche de GUP, avec les bonnes questions à se poser. Nous organisons également des temps de rencontre, des formations : une matinée de formation consacrée aux nouveaux élus, des rencontres entre agents et élus…
Et très précisément, comment articulez-vous les questions liées à la rénovation urbaine et celles liées à la GUP ? Comment les compétences, les points de vue des uns et des autres se croisent-ils ?
CP : Dans les quartiers concernés par des conventions ANRU où des démarches de gestion urbaine préexistaient, les croisements se sont faits assez naturellement, mais il faut être vigilant.
Depuis cette année, nous organisons des formations "gestion urbaine de proximité et renouvellement urbain", inter-partenarial, réunissant des techniciens, des cadres et cadres intermédiaires, des gestionnaires et urbanistes. L'idée : définir comment mieux croiser la question de la conception des projets et celles de la gestion.
Les questions soulevées par la gestion urbaine de proximité ont, à mon sens, vocation à alimenter les projets de rénovation urbaine, mais aussi tous les autres projets liés au territoire, au social, au développement durable…